Les traitements non chirurgicaux dans la prise en charge du SAOS

En fonction de l’importance de l’apnée et en particulier de l’IAH ou indice d’apnées hypopnées et du retentissement fonctionnel et métabolique, deux options thérapeutiques non chirurgicales ont fait la preuve de leur efficacité :

L’orthèse d’avancée mandibulaire ou OAM
La PPC

OAM ou orthèse d’avancée mandibulaire

OAM

L’orthèse d’avancée mandibulaire (OAM) est un dispositif médical amovible qui vise à avancer la mandibule pendant la nuit.

L’OAM est indiqué si le SAOS  est modéré, c’est à dire si l’IAH est inférieur à 30 et sans retentissement majeur ni troubles cardiovasculaires.

Contre-indications

Les contre-indications de l’OAM sont nombreuses et surviennent dans plus de 35% des cas. Il est important de les rechercher par un examen clinique rigoureux, et par un bilan radiologique. Celui-ci doit être réalisé par un médecin spécialiste des dents et des mâchoires.

Édentement ne permettant pas une bonne stabilité de l’OAM
Troubles de l’articulé dentaire avéré
Troubles des gencives (parodontopathies)
Douleurs aux ATM (articulation de la mandibule avec la base du crâne)
Réflexe nauséeux prononcé
Croissance non terminée
Allergie à l’un des constituants de l’orthèse
Epilepsie

Le suivi

L’efficacité de l’orthèse doit être testée dans un délai maximum de 3 mois par une polygraphie ventilatoire ou une polysomnographie. Un suivi rigoureux doit pouvoir être effectué au long cours par un spécialiste du sommeil.

Si l’OAM est efficace se pose la question de l’indication opératoire : en effet la chirurgie d’avancée mandibulaire reproduit l’avancée avec l’OAM de façon définitive et sans les effets secondaires.

Les effets secondaires

Il est important de les rechercher au cours d’un suivi régulier car ils sont nombreux.
Certains  nécessitent l’interruption du traitement par l’OAM.

Effets secondaires subjectifs

Bouche sèche
Hypersialie
Inconfort dentaire
Douleurs dentaires
Irritations gingivales
Cephalées

Ceux ci sont généralement transitoires mais nécessitent un contrôle rapproché.

Effets secondaires avérés

Modification des axes dentaires avec en particulier une vestibulo-version des incisives mandibulaires et une palato-version des incisives maxillaires
Modification du surplomb entre les dents
Augmentation de la dimension verticale du visage
Aplatissement de la courbe de Spee
Troubles de l’articulation temporo mandibulaire +++
Parodontopathie

Ces différents effets dentaires peuvent avoir un retentissement esthétique et pourraient dans certains cas aggraver l’apnée sur le long terme car ils provoquent un déplacement des dents du haut vers l’arrière, ce qui induit un recul.

Pour en savoir plus sur les OAM :
Téléchargez la thèse de François Jahoo

Machine de ventilation à pression positive continue

En quoi cela consiste

La PPC ou pression positive continue est un traitement reconnu dans le SAOS.Le principe réside dans l’application d’une pression positive continue dans les voies aériennes par un masque nasal, naso-buccal ou buccal.
Il s’agit d’une machine qui vous accompagne pendant votre sommeil.
Pour être efficace la PPC doit être appliquée un minimum de 4 heures par nuit.
C’est le traitement de référence non chirurgical.
Il doit être continué toute la vie.

PPC un traitement sur le long terme
PPC un traitement sur le long terme

Effets secondaires

Troubles cutanés et y compris possibilité d’ulcères cutanés
Sécheresse des muqueuses nasales et buccales
Non observance
Sinusites

Discussion sur l’efficacité de la PPC

Il existe incontestablement un confort de vie immédiat avec la PPC. Vous dormez mieux, vous ronflez moins, et la journée vous vous sentez moins fatigué.

Néanmoins les études qui concernent les patients avec SAS sévères traités par PPC n’ont pas démontré un effet à long terme sur la diminution des accidents cardiovasculaires ni sur le contrôle durable de l’hypertension artérielle. Il n’est pas établi non plus dans quelles circonstances ni avec quelle efficacité la thérapie par PPC diminue sur le long terme le risque de morbidité et de mortalité cardiovasculaire chez les patients avec syndrome métabolique associé.

La PPC n’améliore pas l’espérance de vie des patients traités.